Béhoust et son histoire


Epoque préhistorique

Au paléolithique (âge de la pierre taillée) la région ne devait guère se prêter au peuplement, il y avait d’anciennes lagunes transformées en marais boisés.
Vers l’ouest à une dizaine de kilomètres sur les bords de la Vesgre, on trouve un outillage de type moustérien qui est l’œuvre de l’homme de Neandertal notre ancêtre de plus de 350 000 ans.
Pour la période néolithique (pierre polie) on trouve quelques outils de silex disséminés, pièces perdues ou abandonnées par les chasseurs nomades qui poursuivaient bisons, chevaux, ou rennes, selon les variations climatiques.


Epoque gauloise

Nous étions sur le territoire des Carnutes près de leur frontière avec la tribu des Parisis.


Epoque gallo-romaine

Le territoire de Béhoust se situe à l’écart d’une importante voie romaine, qui va de Paris à Dreux sur laquelle se situe à hauteur de Pontchartrain l’ancienne ville romaine de Diodurum


Moyen-âge

Un manuscrit connu sous le nom de « Polyptique d’Irminon » écrit en 766 par un moine, fait l’inventaire des biens de l’abbaye de Saint Germain des prés. Les possessions de l’abbaye concernaient un territoire incluant Béhoust. Le chef-lieu de ce domaine était Bisconcella.
La première notification de Béhoust apparaît en 1230, Huet d’Orgerus est le vassal du Compte de Montfort pour Béhoust.
Au début du XIVème siècle fut édifié un premier château à l’emplacement du château actuel, dont les caves voûtées seraient celles du premier édifice et dateraient du temps des templiers.

Les grandes exploitations seigneuriales se constituent au XIVème, au milieu desquelles sont édifiées de véritables maisons fortes de plan carré fermées sur trois côtés (ferme de Coudreuse, ferme de Saint Hilaire).
A partir de 1421 en pleine guerre de cent ans, Béhoust est situé à la limite des possessions du roi de France et de celles du roi d’Angleterre.


Du 15ème au 19ème

Du 15ème siècle au 19ème siècle, l’histoire de Béhoust se confond avec celle du château et de ses différents propriétaires. En 1424 Jean Pohier revend la seigneurie de Béhoust à Monseigneur Jean de Malestroit évêque de Nantes.
De 1474 à 1575 le château est la propriété de la famille d’ Hargeville. Philippe d’Hargeville seigneur de Béhoust et de Garancières, lieutenant du régiment des gardes du roi est tué en Flandres en 1645, une urne contenant son cœur serait scellée sous une dalle de l’entrée de l’église.
En 1681 Monsieur de Bragelone conseiller au parlement de Paris achète la seigneurie, elle est revendue en 1703 à Monseigneur Pierre Camus de Pointcarré, président du Parlement de Normandie. En 1760 le Marquis François de Lastic fait reconstruire le château à la romaine avec chapiteaux et ornementation. Peu avant la révolution, le château sera vendu, le mobilier transporté à Parentignat (Puy de Dôme) berceau de la famille Lastic.


En 1803 les communs du château sont restaurés dans le style des écuries de Versailles, les propriétaires se succèdent jusqu’à la fin du 19ème siècle.


Histoire moderne

En 1880 le sénateur Poirier ancêtre des derniers propriétaires privés (familles Villenave, Villet/Morax) acquiert le château. Très attaché à Béhoust, le sénateur Poirier aurait usé de son influence politique pour imposer un nouvel arrêt du train sur la ligne de Dreux. la « halte » d’Orgerus-Béhoust entre Garancières et Tacoignières a ainsi pu voir le jour et améliorer la communication avec Paris dès la fin du XIXème siècle.
Le début du XXème a été marqué par la guerre de 1914-1918, au cours des hostilités par, deux fois, des avions égarés se sont délestés de leurs bombes aux Brûlins et à Fresnay. Mais la grande guerre a surtout emporté sept hommes de notre petit village.
En 1914 il y avait encore une quinzaine de fermes familiales, leur nombre va diminuer de moitié entre les deux guerres. Jusqu’à la guerre de 1940 Béhoust était un village à vocation agricole avec de grandes fermes et de petites exploitations appelées manses, les cultures céréalières étaient majoritaires, associées à la betterave et la pomme de terre. Les fermes de Coudreuse et Saint-Hilaire pratiquaient l’élevage avec d’importants troupeaux de vaches et de moutons.
En 1939 les béhoustiens virent à nouveau l’ordre de mobilisation placardé sur leurs murs. Il n’y eût pas de combats dans notre secteur, des escarmouches eurent lieu à Septeuil, Richebourg et Houdan entre nos arrières gardes et l’ennemi.
Après la guerre, la vie du village est concentrée autour de l’activité du château. Le château emploie plus d’une quinzaine de personnes, dont une bonne partie de béhoustiens qui sont jardiniers, gardes chasse, ouvriers agricoles, bûcherons. Les cultures traditionnelles tiennent une place importante, mais dans les années d’après-guerre l’élevage de chevaux de course fut la spécialité du haras de Béhoust. Des courses de chevaux étaient organisées dans l’enceinte même du château comme en témoigne le programme officiel de la grande réunion hippique du 7 Octobre 1945.

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L’écurie Villenave eut son heure de gloire avec de célèbres étalons qui furent parmi les plus rapides du monde en trot attelé. Madame Villenave passionnée de chevaux acheta avant la guerre un crack américain SAM WILLIAMS, le meilleur trois ans de sa génération aux USA. Ce trotteur magnifique est enterré dans le parc du château de Béhoust, une stèle marque l’emplacement de la tombe de cet étalon. Sam Williams est à l’origine d’une lignée exceptionnelle, dans sa descendance on retrouve des noms prestigieux vainqueurs des grandes courses de trot : Quo Vadis, Quick Williams, Fakir du Vivier, Ourasi….Aujourd’hui, son sang est encore présent dans le pedigree de nombreux champions européens.
Le château compta jusqu’à 150 étalons et poulinières, consacrés à l’élevage de trotteurs. De la fin des années 1950 et jusqu’en 1976 le haras s’orienta vers les chevaux de concours de sauts d’obstacles. Virtuoso cheval du haras de Béhoust fut champion d’Europe de sauts d’obstacles sous la selle de Pierre Jonquières d’Oriola. En 1964, ce grand cavalier est venu au château s’entraîner afin de préparer les jeux olympiques de Tokyo. Un séjour très positif, car Pierre Jonquières d’Oriola sur LutteurB ramena la seule médaille d’or française de ces olympiades.
En 1991 la société Cap Gémini spécialisée dans la conception de logiciels informatiques acheta le château. Elle a restauré le bâtiment principal, les écuries, elle a également construit un campus et des pavillons pour en faire un centre de séminaires.

En 2005 le château était la propriété du groupe Caisse d’Epargne qui l’avait racheté au groupe Cap Gemini Sogeti. A ce jour, le site est exploité par le groupe Châteauform. Notre patrimoine architectural est sauvegardé grâce à l’activité de ce centre de formation et de réception. Il s’intègre dans le centre villageois qui au cours de ces dernières années a vu la construction de la salle des fêtes et de la nouvelle école (1993) la réhabilitation intérieure et extérieure de l’église (1987 et 1997), la réalisation de la 2ème classe (1997), et la rénovation de la mairie (2001)
Depuis les années 1900 notre village a bien changé, mais il garde son caractère rural et architectural comme vous pourrez le découvrir dans la rubrique Béhoust hier et aujourd’hui.

Cet historique est extrait de la monographie de Mr Laugier

BEHOUST ENTRE PLAINE ET FORET – GEOGRAPHIE


Superficie : 534 hectares

Altitude : 126 mètres

Canton : Aubergenville

Arrondissement : Rambouillet

Département : Yvelines

Evolution de la population

1789 : 50 foyers soit 250 à 300 âmes )
1801 : 293 habitants
1896 : 269 habitants
1936 : 272 habitants
1982 : 282 habitants
1989 : 322 habitants
1995 : 374 habitants
2009 : 459 habitants
2015 : 469 habitants

Origine du nom Béhoust, (Bois-Houx)

A travers les âges le nom de notre village a subi des altérations, il en est ainsi de tous les noms de lieux. Voici les appellations que nous avons pu retrouver sur d’anciennes cartes :
En 1660 BEHOUX ( carte de P du Val )
En 1686 BOHOU ( carte de Jaillet ).
En 1690 BOUHOU ( carte de T Auvray )
En 1712 BONLIEU ( carte de N de Fer )
En 1717 BOHOU ( carte de 1717, H. Iaillot géographe de Louis XIV , cliquez ci-dessous)

Et enfin en 1763 – Béhoust